Le Kinbaku

 

Le kinbaku (ou shibari) est une pratique à la fois intime, sensuelle, érotique  et artistique, qui n’est pas destinée à tout le monde tant elle peut réactiver des traumatismes, qui demande une vigilance particulière, en particulier dans la clarté verbalisée de ses intentions et dans l’attention à la sécurité physique et émotionnelle des personnes (des deux côtés de la corde).

 

Elle ne saurait s’arrêter à une volonté technique de faire, tant elle engage dans la relation à l’autre, ce qui ne peut se faire que consciemment, en responsabilité, littéralement avec l’autre.

Il s'agit de communiquer par le médium d'une corde en tension des sensations et des émotions. Les cordes contiennent, exposent, modifient temporairement le corps. C'est une danse du mouvement vers l'immobilité, qui engage nécessairement une relation dans laquelle une personne prend le contrôle et l'autre accorde sa confiance pour s'abandonner. S'y jouent, outre une esthétique d'inspiration japonaise, des émotions fortes permises par la contenance, le cadre discuté en amont et la technicité de la personne qui attache, ce qui suppose un minimum de formation (à la sécurité et aux principes éprouvés par les maîtres qui ont développés cette pratique singulière), une capacité d'accueillir les ressentis de l'autre, et un profond désir que l'autre soit sujet (et non objet) de l'expérience.

Avant d'aller plus loin dans cette pratique, il est judicieux de commencer par observer. Puis d’en éprouver diverses approches, pour trouver ce qui convient à chacun(e), et à trouver sa propre voie, dans laquelle le shibari ne sera jamais une fin en soi et ne saurait se passer d’un développement de soi vers plus d’empathie, de bienveillance, d’attention et de conscience. Et de plaisir partagé, qui est quand même le but de tout ça !

© 2019 par Stéphane Arnoux

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